20.03.2008

Un long dimanche de ripaille

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Aujourd'hui, ça pèle!  C'était prévu depuis samedi par la déesse Météo, aussi, prévoyant, et avide de profiter du redoux avéré du week-end dernier, l'homme et moi avions décidé de partir en ballade dimanche.

Bon en même temps, c'était prévu depuis un bon mois, repoussé chaque Week-end, parce que la sortie devait réunir, belle-maman et son fiston (le frère de l'homme) et nous-même. La première est retraitée, le second travaille à la mairie de son patelin. Autant dire que ni l'un ni l'autre n'est surbooké, mais bref... 

A ce niveau du récit, il est utile de préciser que tous les membres de la famille de l'homme souffrent du même atavisme. En effet, si vous voulez être sûr de foirer un évènement, il suffit de leur en laisser l'organisation.

Flash-back. Un Dimanche à déjeuner à la maison, c'est moi et l'homme qui recevons.

Le frère de l'homme : Tiens, ce serait sympa d'aller déjeuner un WE à Saint-Raphael, je connais un petit resto très bien, là-bas sur le port. Allez, je vous invite le WE prochain.

Tout le monde à l'air d'accord et acquiesce.

Je précise que le WE prochain, je ne suis pas dispo, mais que je serais ravie d'y aller le dimanche suivant.

Tout le monde à l'air d'accord et acquiesce.

Le temps passe et le fameux dimanche arrive.

Moi : alors ça tiens toujours pour la sortie de dimanche.

L'homme : quelle sortie ?

Moi : Bah, tu sais l'invitation de ton frère...

L'homme : Ah... je ne sais pas, il faut que je l'appelle.

Moi : Tiens moi au courant.

Vendredi.....Samedi.....Dimanche matin.

Moi : alors qu'est-ce qu'on fait.

L'homme : je sais pas, il (le frangin) ne m'a pas rappelé.

Premier round.

3 semaines de relance plus tard....

L'homme : Tiens au fait, dimanche on va à St raph. avec ma mère et mon frère pour déjeuner.

Moi : Sans blague ! Vous êtes sûr ! C'est pas un peu hâtif comme décision ?   Ok !

Jeudi...Vendredi...

Moi : On se retrouve à quelle heure Dimanche ?

L'homme : Comment ça, quelle heure ? 

Moi : !!!!!!!!!!!! Bah oui, pour le resto ! On se retrouve à quelle heure, pour le resto ?

Regard ahuri de l'homme.

L'homme : Je ne sais pas ! Faut que je les appelle !

Vendredi...Samedi... 

Moi : Alors, on s'organise comment pour dimanche ?

L'homme : heu.... Je les appellerai ce soir pour en convenir.

Moi : ...!!...

Samedi...soir

L'homme :  On se retrouve à 12H30 à tel endroit.

Moi : incrédule, vous êtes sûr, c'est un peu hâtif comme décision ?  ...!!...

Second round. 

Il reste nécessaire de préciser que contrairement aux apparences, je ne déborde pas d'enthousiasme à la perspective de cette sortie dominicale avec la belle famille.

Mais bon, pour une fois que c'est le beauf qui régale, ça change, il faut en profiter !

Pour bien exposer la mentalité du-dit beauf, le plus simple reste de donner un exemple : pour la fête des mères, nous avions invité belle-maman à déjeuner dans un resto gastronomique.

Jusque là, rien d'anormal. Ce qui l'est moins, normal, c'est que le beauf s'est pointé avec maman et que par la même occasion, s'est fait invité. Le tout avec flegme et décontraction. Il est même allé jusqu'à remercier son frère, en sortant du resto ! Edifiant, non ?

L'homme n'a rien dit... Je n'ai rien dit...

Faut dire que belle-maman n'arrête pas de plaindre son fils aîné : le pauvre est tout seul, le pauvre est mal payé, le pauvre patati-patata !

En attendant quand tu cernes la mentalité du gus, tu comprends le célibat. Et pour le salaire... hé bien, il est fonctionnaire, alors si on compare son temps de présence au boulot avec son salaire, c'est pas si mal payé !

De plus, il ne paye aucun loyer, à peine quelques frais de bouche (j'adore cette expression des plus ridicules !).

Et nous.... On paye ses sorties familiales. Normal quoi ! Le pauvre !

Revenons à nos moutons....

 

Dimanche...jour J, heure H.

On se retrouve tous et hop en route sur les routes ensoleillées du bord de mer.

On arrive au resto, on s'installe, on commande, on déjeune tranquillement.

Le resto est sympa, la carte est sympa, la bouffe est sympa, le vin est sympa....

On arrive au dessert, on discute de tout de rien et surtout du rien intersidérale qui peuple la vie du beauf.

Il digresse de long en large, sur sa vie de célibataire endurcie de 43 ans qui habite toujours chez maman  et surtout sur la vie de ses collègues de travail.  Ce qui est fondamentalement passionnant ! Quel pied d'apprendre par le menu les déboires et misères de gens que ni moi ni l'homme ne connaissons, même de vue ! Et tout ça, par le menu, dans le détail, et en boucle (quand c'est fini, il redémarre du début, c'est éreintant !).

Et pas moyen de changer le sujet de conversation. Bah oui, moi, son frère ou la planète ne l'interessons absolument pas plus que ça...alors il coupe la parole et reprend aussi sec la conversation sur ce qui le passionne, c'est à dire : sa vie !

Je finis par ne même plus le regarder et hoche vaguement la tête à ses questions.

Le beauf qui est en pilote automatique, ne se décourage même pas. 

Le beauf : Tu trouves pas ça dingue que untel se soit fait larguer par unetelle alors que....et tu trouves pas incroyable que truc soit mort en changeant la roue arrière gauche de sa voiture sur le bord de l'autoroute n° chose, voie n° machin à 15h30 un vendredi matin, le 30 mars 2007, avec sa famille à l'arrière de la voiture, dingue non ? les gens roulent comme des dingues, non ? Je t'ai dis que untel s'était fait larguer par unetelle ?

Je laisse mon esprit vagabonder et écoute distraitement belle-maman qui a réussi à prendre la parole pour parler de qui ? devinez ! Du fiston bien-sûr !

Belle-maman : tu sais ton frère a été obligé de faire réviser son scooter (le pauvre !) ! il a dû payer une facture ENORME (le pauvre !) !

Hé oui, dès que son fiston doit payer quelque chose, elle sur-ventile et s'angoisse à l'idée d'un éventuel découvert sur le compte du rejeton. A 43 ans ! ça fait frémir !

Et le beauf d'enchainer, le plus naturellement du monde.

Le beauf : Alors la prochaine fois c'est moi qui vous invite ! 

Troisième round.

Là, j'ai juste failli recracher mon gâteau au chocolat ! Incrédule, je fixe l'homme qui réplique :

L'homme : mais c'est toi qui nous invite aujourd'hui !?

Question et affirmation. Et vice-versa. 

Temps mort chez le beauf, belle-maman, explique à son benêt de fils cadet.

- Tu sais avec la facture qu'il vient de payer, je préfère pas !

Moi j'hallucine et ne peux m'empêcher de ricaner.

- Et  c'est nous qui allons payer, comme d'hab !

Bon ok, j'ai eu honte tout de suite après. 

Belle-maman : Mais non ! C'est moi qui vous invite !

Contrairement à son fiston, j'ai des scrupules à me faire inviter par une retraitée qui n'est pas au large financièrement. Alors je me suis levée et je suis allée payer. Mon beauf m'a même dit merci en sortant du resto. Épatant ! Non ? C'est un garçon si poli !


 

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Après réflexion, je me dis que mes scrupules sont stupides ! Si belle-maman veut continuer à changer les couches de son fiston, ça la regarde !

La prochaine fois, je la laisserai payer ! Enfin, s'il y a une prochaine fois. Parce que moi, son fiston, il commence à me sortir par les yeux !

 
 
PS: J'avoue forcir un tout petit peu le trait...
Mais si peu finalement .